Le JDR arrive au Mexique dans les années 1980, porté par la diaspora mexicaine aux Etats-Unis et les importations de D&D en anglais. Les premières communautés se forment à Mexico, Guadalajara et Monterrey, souvent autour de clubs informels et de boutiques de comics. Un terreau modeste mais passionné.
Pendant longtemps, la création de systèmes de JDR originaux reste rare. Le marché est quasi exclusivement alimenté par des traductions espagnoles ou des importations anglophones. Il faut attendre l'essor du financement participatif et des plateformes numériques pour que la scène mexicaine commence à trouver sa voix.
Nahual: A Tabletop RPG of Mexican Urban Fantasy (2020, Miguel Ángel Espinoza) marque un vrai tournant. Ce Powered by the Apocalypse plonge les joueurs dans un Mexique contemporain où des brujos nahuales, des sorciers capables de se transformer en animaux, vivent cachés parmi les humains. Le jeu intègre avec respect et authenticité des éléments de la mythologie et de la vie urbaine mexicaine. Pas du folklore de façade : de l'identité assumée.
La scène reste émergente mais en croissance. Des conventions comme Concomics et MegaXP incluent des espaces dédiés au JDR. Ce que le Mexique apporte au hobby est précieux : l'intégration du folklore mésoaméricain et de la réalité sociale contemporaine dans ses systèmes de JDR.