Le JDR arrive en Russie, alors URSS, à la fin des années 1980, dans le sillage de la perestroïka. Les premiers joueurs découvrent le hobby par des contacts avec l'Occident, des traductions artisanales, et les magazines informatiques qui évoquent les jeux vidéo de rôle. Un chemin détourné mais efficace.
Pendant toutes les années 1990, la scène vit de traductions non officielles de D&D, Vampire: The Masquerade et GURPS. Photocopies, fichiers partagés en ligne : la production locale reste artisanale. Il faut dire que le contexte économique de la Russie post-soviétique n'aide pas à bâtir une industrie éditoriale du JDR.
Éra Vodoleya (L'Ere du Verseau, 2001) change la donne. Premier JDR commercial russe, ce système contemporain-surnaturel est souvent comparé au Monde des Ténèbres, mais avec une tonalité plus optimiste et un ancrage dans la réalité russe. Des êtres surnaturels coexistent discrètement avec les humains, et la magie puise dans les traditions folkloriques slaves. Un cadre qui ne ressemble à rien d'autre.
La scène reste de taille modeste mais active, avec des conventions comme Rolecon et des traductions officielles de D&D 5e. Ce que la Russie apporte au hobby est singulier : le folklore slave et la réalité post-soviétique tissés dans la trame des systèmes locaux.