Fiche technique
Synopsis (pour le MJ)
Trois morts en deux semaines en forêt de Vincennes, pendant la dernière chasse royale. Un veneur, un valet de meute, un gentilhomme provincial. Tous éventrés, le visage à demi mangé. Les paysans des hameaux voisins parlent d'un loup-garou. Louis XIII, hypocondriaque et superstitieux, refuse d'y retourner. Le Cardinal Richelieu y voit son levier : capturer la bête de sa propre main pour regagner la faveur du Roi qui s'éloigne. La Reine Anne d'Autriche flaire la mise en scène et envoie discrètement les PJ.
- Loup réel. Un mâle alpha de Sologne, déplacé par un hiver dur, rôde près des hameaux. Solution : traque, piège, mise à mort honorable.
- Loup dressé par un complot huguenot. Un partisan de la Rochelle a volé un loup à la ménagerie royale, l'a conditionné à attaquer, le lâche à la veille du siège pour faire passer la couronne pour incapable.
- Imposture. Un aristocrate ruiné assassine ses créanciers et déguise les coups d'épée en attaques de bête, à coups de griffe d'ours sciée.
Recommandation : combinez les pistes 1 et 2. Un vrai loup, mais nourri et dirigé par un huguenot brisé. Le climax révèle l'humain qui le contrôle. La piste 3 reste une fausse piste rassurante pendant l'acte 1.
Le hook personnel - Lettre reçue le matin du jour 1
Avant la convocation de la Reine, l'un des PJ reçoit une lettre privée (le MJ choisit selon la table : Athos, Aramis ou Constance Bonacieux selon les liens passés). Pliée trois fois, scellée à la cire grise, sans armoiries. Le porteur a fui sans attendre de réponse.
Lettre du Père Jacquemin, veneur, 12 décembre 1625.
Monsieur,
Vous ne me connaissez point, mais j'ai connu votre père-feu Dieu lui fasse paix-au temps où nous courions le cerf en Champagne. Je le tenais en bonne estime. Voici quinze jours, j'ai parlé de vous à Maître Antoine, mon compagnon de meute, en lui disant : « Si je tombe, va les trouver, eux sauront. » Antoine est tombé le premier. À Joinville on enterre des hommes éventrés, et l'on dit que c'est une bête. Ce n'est point une bête, Monsieur. C'est pire. Je quitte la forêt avant la lune pleine, mais je ne saurais partir sans que les morts soient comptés.
Venez à Joinville. Demandez-moi sous le nom du Père Jacquemin. Je vous attendrai trois jours, pas un de plus.
Effet narratif : la convocation de la Reine arrive le même soir. Le PJ a déjà une raison personnelle de partir. Si Jacquemin est encore vivant à l'arrivée des PJ (au choix du MJ), il leur livre l'indice clé sur la silhouette en lisière avant de fuir vers les Pays-Bas. S'il est déjà mort, son corps sera la quatrième victime.
Acte 1 - Le hameau ensanglanté
Joinville-le-Pont, fin d'après-midi. La Marne charrie des plaques de glace. Sur la place du hameau, trois cercueils ouverts attendent le curé. La cloche sonne au moindre vent. Une vieille en fichu noir crache sur le pavé en vous voyant : « Encore des Parisiens. Vous viendrez compter les morts, et vous repartirez avant la lune pleine. ». Au fond de la place, le maire, Sébastien Laudet, vous fait signe. Il a peur, mais il a fait prévenir Paris.
Les trois cadavres
- Maître Antoine le veneur : déchiqueté en lisière de forêt, le 6 décembre. Cuir lacéré, gorge arrachée. Trace de crocs nette.
- Pierrot le valet de meute : retrouvé dans une grange, gorge tranchée. Pas de marque animale : un coup de lame fine, propre, à peine maquillé.
- Sieur de Mauléon, gentilhomme provincial : éventré près du Pavillon de la Faisanderie. Lacérations superficielles, plus profondes plaies d'épée portées après la mort.
Indices et tests clés
- Examen des corps (Mental, Difficulté 9) : les blessures du gentilhomme sont incohérentes avec un loup. Quelqu'un maquille au moins une mort.
- Interroger les veneurs survivants (Mental + Social, Difficulté 8) : ils ont aperçu une silhouette grise loin des cadavres, jamais en train d'attaquer. Toujours en lisière.
- Parler aux paysans (Social, Difficulté 9) : un braconnier nommé Élias vit seul dans la forêt. Il sait des choses. Personne ne va le voir, on en a peur.
Première nuit au hameau
Hurlement long, à moins de cinq cents pas des dernières maisons. La cloche sonne. Si les PJ sortent cape au vent : test Physique 9 pour suivre la trace dans la neige fraîche, succès partiel = on perd le sentier après dix minutes. Sur succès : silhouette sombre qui s'enfuit, humaine, pas animale. Charge possible (un tour, distance de pistolet) avant qu'elle disparaisse dans un fourré.
Acte 2 - La forêt de Vincennes
Au matin, la forêt vous reçoit en silence. Les chênes sont nus, les sentes royales tracent des entailles droites dans la neige. Une pie crie, une seule. Les sabots de vos chevaux font un bruit énorme. Quelque part, sous les fougères mortes, un piège à loup rouillé attend depuis Henri IV.
Scène A - La cabane d'Élias
Au cœur de la forêt, près d'une mare gelée. Torchis, fumée de tourbe, peaux mal tannées, mauvais alcool. Élias sort un mousqueton de chasse en voyant les capes royales.
- Le calmer (Social, Difficulté 8) : il abaisse l'arme. Sur succès partiel, il exige une bourse (3 livres) avant de parler.
- Ce qu'il sait : la semaine dernière, il a vu, à la tombée du jour, près du Pavillon de la Faisanderie, un homme et une bête ensemble. Un homme de haute taille, qui parlait au loup en langue protestante (psaumes huguenots qu'Élias reconnaît, son grand-père les chantait avant la conversion). L'homme avait une cicatrice fraîche au menton.
- Sur succès critique (15+) : il décrit aussi un drôle de chariot bâché aperçu trois jours avant les meurtres, sur le chemin de Charenton. Quelqu'un a livré la bête à la forêt.
Scène B - Le Pavillon de la Faisanderie
Bâtisse de chasse abandonnée depuis Henri IV. Ardoises tombées, cheminée immense, cave à gibier où l'on accrochait jadis chevreuils et faisans. Verrou récent. Test Mental 8 pour repérer les traces fraîches dans la neige autour : une seule paire de bottes, trois nuits différentes. Pas de cavalier.
- Une cage de fer fraîchement forgée, paille souillée, os de mouton mâchés. Odeur de loup, vivante.
- Un coffre dissimulé sous une dalle. Test Mental 9 pour le débusquer. À l'intérieur : poudre, mèche lente, et un cahier en français-vulgaire mêlé de citations bibliques.
- Le cahier parle de « frapper le tyran à travers les siens », de « la bête juste avant la grande mâchoire » (allusion au siège imminent de la Rochelle), de « mes frères tombés à Soubise ». Pas de signature complète, juste les initiales M.A.T. et la mention « ancien sergent du régiment de Châtillon ».
- Une page arrachée glissée dans la doublure du coffre. Reliure de cuir noir absente, mais la page porte une numérotation (47) et une liste partielle : sept noms d'officiers royaux, sept villages, sept dates entre février et avril 1625. C'est un fragment d'un manuscrit plus vaste. Le reste, Thibaut le porte sur lui, cousu dans la doublure de son pourpoint.
Test Mental + Social (Difficulté 10) auprès du Sergent Vannier au Louvre - ou via un mousquetaire vétéran de leur connaissance - pour relier les initiales à Marc-Aurèle Thibaut. Sur succès, ils apprennent : trois frères tombés au massacre de Soubise en février 1625, déserteur depuis avril, vu une fois à Charenton en novembre.
Scène C - Approcher Thibaut
Deux options principales, à laisser ouvertes :
Option Embuscade. Une chèvre attachée au grand-rond royal en guise d'appât, traque nocturne, lanternes sourdes. Test Physique 10 pour tendre une embuscade silencieuse. Sur succès, le loup arrive en premier, Thibaut suit à dix pas - couteau au poing, prêt à recouvrir l'attaque par un coup d'épée. Combat mixte possible (voir Acte 3).
Option Confrontation. Remonter le passé de Thibaut au Louvre via le Sergent Vannier. Trouver son ancien presbytère huguenot à Charenton (test Social 10). Vannier accepte de mener les PJ à un duel équitable à l'aube, dans une clairière de la forêt. Thibaut accepte la rencontre par fierté de soldat. Premier duel possible, mais sans le loup.
Scène D (optionnelle) - Le duel équestre dans la clairière
Respiration cape-et-épée, à insérer si la table réclame du panache pur dans cette tragédie hivernale. Sur le chemin entre la cabane d'Élias et le Pavillon, un cavalier solitaire barre le sentier. Manteau rouge, plastron poli, cheval bai d'apparence aragonaise. Capitaine Latour, des gardes du Cardinal. Ordre de Richelieu : ralentir les PJ jusqu'à ce que l'avant-garde rouge atteigne la forêt.
« Messieurs, je n'ai pas reçu l'ordre de vous tuer. Seulement de vous retenir une heure. Que l'un d'entre vous me fasse l'honneur d'une passe à la lance courte, dans cette clairière, et je tiendrai parole : une heure exactement, puis je m'efface. »
Duel équestre franc, sans embuscade, témoins muets. Galop, charge, lance courte, contre. Trois passes maximum, à la première touche significative on désarçonne. Récompense panache : le PJ qui tient bon obtient un avantage 3d6 sur la prochaine confrontation contre Rochefort à l'acte 3 (Latour aura mentionné son nom à voix basse en saluant).
Capitaine Latour, gardes du Cardinal (Valeur).
Mental 3 / Physique 5 / Social 5 - Défense 15 (13 + 2 plastron). Botte secrète (avantage sur la deuxième passe d'un duel), Coup d'épaule (renverse à pied après désarçonnement, test Physique 9 pour rester debout). Honorable, fidèle, jamais en embuscade. S'il perd loyalement, il salue de l'épée et tient parole.
Acte 3 - La meute du Cardinal
Aube grise. Loin sur la route de Charenton, un bruit que vous reconnaissez tous : cinquante chevaux ferrés, harnachement, étendards rouges. Le Cardinal a doublé ses espions. Il vient prendre la bête vivante, la ramener au Louvre dans une cage, la faire abattre par sa main devant le Roi. Vous avez une heure. Peut-être moins.
L'arrivée des forces du Cardinal
Cinquante hommes du régiment du Cardinal encerclent la lisière en demi-cercle, mèches allumées. À leur tête : le Comte de Rochefort, qui veut la prise pour son maître - et un peu pour lui. La pression temporelle commence : à chaque tour de scène, lancez un d6. Sur 5 ou 6, l'avant-garde resserre l'étau d'une centaine de pas.
Confrontation finale - trois géométries
Selon ce que les PJ ont déjà accompli :
Géométrie A - Thibaut déjà vaincu en acte 2. Le loup est mort ou capturé, Thibaut est blessé. Les PJ doivent décider en moins d'une heure : livrer Thibaut au Cardinal (procès public, exécution, exemple politique - mais Richelieu en sort grandi), à la Reine via Vannier (humiliation publique de Richelieu - mais Thibaut sera oublié dans une oubliette), ou le laisser périr dans le combat (Thibaut préfère mourir l'épée à la main que se rendre).
Géométrie B - Affrontement au Pavillon. Thibaut s'est barricadé, le loup en cage à ses pieds. Combat à trois fronts : Thibaut, le loup lâché en désespoir, et Rochefort qui force la porte avec une avant-garde de six gardes rouges pour prendre la prise au nom du Cardinal. Les PJ peuvent négocier des trêves temporaires.
Le combat (si combat)
- Initiative recommandée : PJ (en place, ils tiennent la position), Thibaut (combattant désespéré), le loup (instinct de défense de meute), Rochefort et avant-garde (entrée par tour 2).
- Décor exploitable : cheminée immense, poutres maîtresses faibles (test Physique 10 pour faire tomber un linteau), cage du loup à ouvrir ou refermer, cave à gibier comme refuge.
- Trêve temporaire avec Thibaut (Social, Difficulté 11) si un PJ lui parle de Soubise par leur nom : il abaisse son épée pour un tour, le loup se calme. Si la trêve tient, alliance possible contre Rochefort - mais Thibaut s'effondre ensuite, refusant de fuir avec ses ennemis d'hier.
Le choix moral final
Une fois Thibaut neutralisé et le loup réglé, une question reste, plus lourde que toutes les autres : qui rentre au Louvre avec la nouvelle, et avec quelle version ?
Trois portes, trois prix.
Le mémoire huguenot (MacGuffin tangible)
Quand les PJ fouillent Thibaut neutralisé, ils trouvent, cousu dans la doublure de son pourpoint, un cahier relié de cuir noir, 80 pages denses. C'est un mémoire manuscrit listant nommément les massacres post-Soubise (février-avril 1625) : lieux, dates, officiers royaux responsables, noms des morts huguenots, témoignages de survivants. Thibaut comptait le remettre à un imprimeur de Charenton après « avoir frappé le tyran » via la peur du loup-garou. Le cahier est l'arme politique réelle ; le loup n'était que la diversion.
Trois sous-choix, à croiser avec les options A/B/C ci-dessous :
- Détruire le mémoire (panache et politique). Les massacres restent oubliés, mais la couronne ne tombe pas. Le PJ qui jette le cahier au feu en a pour la vie un goût de cendre dans la bouche.
- Publier le mémoire à Charenton, comme Thibaut le voulait. Les Huguenots ont leur vérité, l'opinion frémit, mais cela précipite La Rochelle de quelques mois. Choix humaniste, conséquence sanglante.
- Le remettre au Cardinal. Richelieu identifie nommément tous les Huguenots radicaux du mémoire et les fait éliminer dans les six mois. Les PJ reçoivent une bourse double (600 livres chacun) et une lettre de service. Choix cynique, efficace, nauséeux.
Option A - Livrer la vérité au Cardinal
Conséquences : Richelieu obtient sa prise et son procès huguenot. Le siège de la Rochelle gagne en justification politique. Le Roi remercie le Cardinal en public, pardonne en privé. Les PJ reçoivent une bourse anonyme (300 livres chacun) et un avertissement gravé : « Vous m'avez bien servi. N'y prenez pas goût. - A.J.D.P.R. ».
Ton : service rendu, conscience un peu sale. La Reine ne convoquera plus l'équipe pendant six mois.
Option B - Livrer Thibaut à la Reine
Conséquences : Anne d'Autriche obtient un atout : un sergent huguenot vivant, témoin d'un complot que le Cardinal n'a pas vu venir. Elle l'enferme discrètement, l'utilise comme menace silencieuse contre Richelieu pendant la campagne suivante. Les PJ gagnent sa faveur durable (avantage 3d6 sur tout test Social à la cour pour la session suivante) et 200 livres chacun. Rochefort jure leur perte en privé.
Ton : coup politique propre, vengeance différée. La cour parlera de ce duel pendant un an.
Option C - Une simple bête naturelle
Conséquences : les PJ taisent la dimension huguenote. Thibaut est mort dans le combat (ou laissé filer vers les Pays-Bas). On rapporte au Roi qu'un mâle alpha de Sologne avait quitté ses bois. La forêt est rouverte à la chasse. Le Roi récompense les PJ d'une chaîne d'argent et d'une commission de chasse pour l'hiver. Richelieu, privé de son procès, leur rend visite et dit, sec : « Vous m'avez privé d'un outil. Je m'en souviendrai. ». Pas de bourse, mais aucune dette. Et Thibaut, où qu'il soit, est mort en homme, pas en pamphlet.
Ton : panache pur. C'est la voie de la fidélité aux frères tombés à Soubise, à l'enfance huguenote du Sergent Vannier, à l'idée qu'un soldat brisé reste un soldat. La plus chère, la plus grande.
Ouverture de campagne (trois mois plus tard). Une lettre anonyme arrive au Louvre, adressée aux PJ par leurs noms exacts. Même papier vergé, même encre noire, même main appliquée que le mémoire de Thibaut. Un autre huguenot a repris le flambeau là où Marc-Aurèle s'est tu. Les feuilles à scandale parlent déjà de la bête de Sologne qui rôde près de Salbris, de la bête du Berry aperçue à Issoudun, et l'on murmure d'une bête du Vivarais qui n'attend que la fonte des neiges. Le réseau est plus vaste que Thibaut, plus ancien, plus organisé. Aux PJ de décider : traquer la chaîne huguenote village par village, ou remonter aux commanditaires politiques qui financent l'encre et le papier. La campagne longue commence ici.
PNJ et adversaires (récapitulatif)
Marc-Aurèle Thibaut, ancien sergent huguenot (Valeur)
Mental 4 / Physique 5 / Social 5 - Défense 16 (14 + 2 plastron léger). Botte de désespoir (avantage sur le premier échange d'un duel s'il combat seul), Voix de meneur de loup (le Loup de Vincennes obéit à un ordre par tour). Brisé après Soubise, sait dresser les bêtes, formidable épée. Ne fuit jamais, refuse la captivité.
Le Loup de Vincennes (Moyen)
Mental 3 / Physique 5 / Social 3 - Défense 11. Crocs (+2 dégâts), Course rapide (avantage à la poursuite en sous-bois). Loyal à Thibaut comme à un chef de meute. Peut être détourné par un test Mental 10 d'un PJ comprenant les bêtes, ou abattu en deux passes nettes.
Sergent Vannier, vétéran du régiment royal (Moyen)
Mental 3 / Physique 4 / Social 3 - Défense 11 (10 + 1 pourpoint). Allié possible des PJ. Connaissait Thibaut avant la déchirure huguenote. Peut transmettre les noms des frères tombés, organiser un duel équitable, prévenir la Reine en discrétion.
Élias le braconnier (Faible)
Mental 3 / Physique 2 / Social 2 - Défense 7. Couard, mais excellent traqueur. Vendable, et le sait. Repère un homme suspect à deux cents pas. Disparaît dans la forêt à la moindre escarmouche.
Maître Antoine le veneur (mort, premier indice)
Cadavre clé de l'acte 1. Ses blessures, contrairement à celles du gentilhomme, sont authentiquement animales : c'est par leur cohérence avec les autres meurtres - et l'incohérence de Mauléon - que les PJ comprennent qu'une partie des morts seulement est maquillée.
PNJ majeurs réutilisés depuis le bestiaire : Cardinal Richelieu (Chef majeur, Défense 22), Comte de Rochefort (Valeur, Défense 18), Anne d'Autriche (Chef, Défense 18). Les statblocks complets sont consultables dans le bestiaire de l'univers.
Lieux clés
- Joinville-le-Pont : hameau au bord de la Marne, paysans terrorisés, cloche qui sonne au moindre hurlement. Trois cercueils sur la place.
- Forêt de Vincennes en hiver : chênes nus, neige fine, sentes royales tracées droites, traces d'animaux lisibles à qui sait lire.
- La cabane d'Élias : torchis, fumée de tourbe, peaux mal tannées, mauvais alcool, mousqueton sous la couche.
- Le Pavillon de la Faisanderie : bâtisse de chasse abandonnée depuis Henri IV, ardoises tombées, cheminée immense, cave à gibier qui sert de planque récente.
- Le grand-rond royal : clairière où le Roi chassait, déserte depuis les meurtres, traces des trois cadavres encore lisibles sous la neige.
Boîte à variantes (rejouabilité)
- Imposture seule. Pas de loup réel, pas de Thibaut. Un aristocrate ruiné, le Sieur de Mauléon lui-même - faussement déclaré mort - tue ses créanciers à coups d'épée et maquille à la griffe d'ours sciée. Enquête plus courte, scénario d'investigation pure.
- Thibaut innocent. Un autre huguenot manipule Thibaut sans qu'il sache que les meurtres sont commis. Quand les PJ l'acculent, il découvre la vérité en même temps qu'eux. Tragédie pure.
- Le loup parle au Roi. Variante glissée fantastique très discrète : le Roi rêve une fois du loup pendant la nuit où Thibaut le commande. Jamais confirmé, jamais infirmé. Le doute reste.
- Anne d'Autriche en personne. Au lieu d'une convocation discrète, la Reine reçoit l'équipe à la chapelle du Val-de-Grâce. Elle confie : « Mon mari ne dort plus depuis quinze jours. » L'enjeu devient personnel, pas politique.