Fiche technique
Synopsis
Le général-comte Fernand de Morcerf, ancien officier sous Ali-Pacha de Yanina, s'est rendu coupable en 1822 d'une trahison qui a coûté la vie au pacha et l'esclavage à sa famille. Edmond Dantès avait rassemblé sur cette affaire un ensemble de témoignages écrits, dont la déposition d'un soldat survivant nommé Mehmed-Tahir, mort depuis deux ans à Janina. Il manque une pièce : une lettre privée écrite par Mondego entre 1822 et 1823 à une jeune femme rencontrée à Trieste, à qui il aurait confessé dans la passion de la correspondance amoureuse le détail de sa trahison.
Bertuccio a localisé cette femme. Elle vit aujourd'hui à Aix-en-Provence sous le nom de Madame Célestine d'Albaron, prétendue veuve d'un colonel d'Empire mort en 1838. La maison d'Albaron est une fiction. Madame est, et est restée pendant vingt et un ans, la maîtresse cachée du général-comte de Mondego, qui finance discrètement son train de vie en échange du silence et de la conservation des lettres. Les PJ ont trois soirées musicales pour entrer dans le cercle, récupérer la cassette, et obtenir un témoignage écrit qui sera lu un jour à la Chambre des pairs.
Rappel des paliers de résolution
2D6 + caractéristique (1 à 5) + bonus de Talent. Lecture du résultat :
- 5 ou moins : échec critique, complication immédiate.
- 6 à 8 : échec, l'action ne passe pas.
- 9 à 10 : succès partiel, ça passe avec un coût.
- 11 à 14 : succès complet.
- 15 et plus : succès critique.
Avantage = 3D6, garder les 2 meilleurs. Désavantage = 3D6, garder les 2 pires. Le Legs du Comte : 1×/scène, un PJ invoque à voix haute un dossier laissé par Dantès, en lisant ou citant la phrase clé écrite à l'encre brune. Si le dossier est pertinent à la scène, le succès partiel 9-10 devient succès complet 11-14, sans jet supplémentaire. Coût : le dossier est rangé, raturé d'un trait à la plume rouge par Bertuccio en fin de séance, plus jamais utilisable dans la campagne. Limite : un dossier par PJ par scène, jamais davantage.
Acte 1 : le coffret livre un nom
"Marseille, janvier 1844. Le dîner à l'orphelinat sent la soupe de poireaux et le vin de Cassis tiédi par la cheminée. Bertuccio sert lui-même, à la louche d'argent, avant de poser sur la table le coffret. Sceau de cire rouge. Ancre. Quatrième dossier. Il s'éclaircit la voix. « Janina, 1822. Le maître a écrit le dossier en 1840. Il manque la lettre. Une seule lettre. Vingt et un ans après, elle existe encore, dans une cassette, dans une chambre, dans une ville. Aix. Rue Mazarine. Une dame qu'on appelle Madame Célestine d'Albaron. Vous partez demain matin. »"
Bertuccio détaille le dispositif. La maison Albaron est une fiction. Le colonel d'Empire mort en 1838 n'a jamais existé : l'acte de mariage est un faux datant de 1832, signé par un greffier corrompu de Trieste désormais décédé. Madame Célestine vit d'une rente annuelle versée par un mandataire parisien depuis 1823, contre la conservation de toutes les lettres reçues de Mondego entre 1822 et 1843. Vingt et un ans, vingt et un cahiers de lettres, une seule cassette de bois de cèdre cachée dans le boudoir du premier étage derrière un panneau coulissant. Mission : récupérer la cassette, ou faire en sorte que Madame d'Albaron choisisse de témoigner par écrit à la Chambre des pairs.
Couvertures et préparation
- Hortense de Vergel obtient en quarante-huit heures un mot de présentation pour le cercle d'Aix par un cousin éloigné, le comte de Pignans, qui a connu un Albaron à un dîner mondain et n'a jamais soupçonné la fiction. Talent Identité d'emprunt en Avantage pour toute la durée du scénario tant que sa couverture tient.
- Eugène Argental se présentera comme avocat parisien en vacances en Provence, en quête d'air sec pour un travail de plaidoirie sur une succession ancienne. Sa robe noire reste à Marseille. Il porte une redingote bleu marine taillée chez Renard la veille du départ.
- Joseph Levant officie en valet de pied silencieux. Livrée bleu marine, gants blancs, boutons d'argent. Bertuccio lui rappelle qu'à Aix, on parle bas et qu'on ne regarde jamais directement les invités.
- Honoré Brassac ne participe pas à la phase mondaine et reste à Marseille pour une raison de couverture (il escortera la dernière phase). Sa présence à Aix éveillerait des soupçons : trop de marin sur lui.
Bertuccio remet à Hortense et à Argental deux dossiers numérotés : V - Localisation Albaron, Aix 1843 (recoupements menés par un correspondant marseillais en juillet 1843) et VI - Témoignage Mehmed-Tahir 1842 (déposition signée devant un consul français en 1837). La voiture de poste part au matin. Aix est à six heures de route.
Acte 2 : soirées musicales rue Mazarine
Topographie de l'hôtel particulier
Aix-en-Provence, rue Mazarine. Hôtel particulier d'Albaron, façade ocre rose, frontons sculptés, jardin intérieur planté d'orangers en pots. Rez-de-chaussée : grand salon de musique au plafond à caissons peints, salle à manger lambrissée, antichambre et vestibule. Premier étage : boudoir privé de Madame, chambre à coucher, bibliothèque. Cassette aux lettres dissimulée derrière un panneau de boiserie coulissant à droite du secrétaire à abattant. Trois domestiques : un majordome (Hyppolite, soixante ans, fidèle aveugle), une femme de chambre (Marguerite, trente-quatre ans, tendre avec madame), un cocher (Jules, cinquante ans, ancien orphelin recueilli quinze ans plus tôt par Madame d'Albaron elle-même).
Première soirée (vendredi 9 février 1844)
Madame Célestine d'Albaron, quarante et un ans, robe de velours bleu nuit à passements argent, cheveux relevés en chignon haut, reçoit le tout-Aix. Quatre jeunes pianistes, deux chanteuses lyriques, un poète provençal médiocre, dix-huit invités. Hortense est introduite par le comte de Pignans, partage un thé léger au piano, échange deux phrases sur une aria de Bellini. Jet Social 11 pour ouvrir la conversation au-delà de la politesse. Sur succès, Madame demande à Hortense de revenir vendredi prochain et lui offre une rose blanche du jardin.
Deuxième soirée (vendredi 16 février 1844)
Argental fréquente cette semaine le greffe du tribunal d'Aix. Jet Mental 11. Sur succès, il découvre que le colonel d'Albaron n'a jamais existé, que l'acte de mariage est un faux datant de 1832 signé par un greffier corrompu, et que la généalogie complète de Madame remonte à une famille modeste de Trieste où le nom de jeune fille est Cristina Voglar. Sur succès complet, le greffier actuel (sœur Eulalie n'est pas ici, mais le greffier Pétrarque, soixante-trois ans, est un homme bavard) cite à Argental une lettre récente venue de Paris demandant communication confidentielle des actes Albaron : signature illisible, cachet de la rue Le Peletier. Quelqu'un, à Paris, vérifie ce que vérifie Argental. Au même moment.
Le soir, deuxième soirée musicale. Hortense partage un duo léger au piano avec Madame, une romance de Schubert. Jet Social 11. Sur succès, la maîtresse de maison touche pour la première fois la main de Hortense en lui rendant une partition. Geste discret, signe de confiance grandissante.
Troisième soirée (vendredi 23 février 1844)
Joseph Levant a repéré l'emplacement de la cassette pendant les deux soirées précédentes. Il choisit la voie effraction. Pendant que Hortense tient la pièce du bas en chantant Casta Diva de Bellini avec deux autres invitées, Levant monte par l'escalier de service, jet Physique 11 pour ouvrir le panneau de boiserie sans bruit (ressort discret derrière une moulure). Sur succès, il aperçoit la cassette mais ne la prend pas : Bertuccio a été clair, la cassette doit être donnée, pas volée. Levant referme proprement et redescend.
Les deux complications
À la fin de la troisième soirée, deux événements changent le tempo. Premièrement, le capitaine Théodose de Marrigues, fidèle de Mondego depuis Yanina, se présente sans invitation et reste toute la soirée à observer l'assemblée depuis un chambranle de porte. Uniforme bleu de gendarmerie d'Aix, sabre de cavalerie au côté, regard plat. Madame d'Albaron blêmit en l'apercevant : sa présence signifie que Mondego soupçonne. Deuxièmement, Madame prend Hortense à part dans le petit salon et lui demande, à voix basse : « Vous êtes-vous présentée chez moi pour la musique, ou pour autre chose ? Je vous donnerai une réponse dimanche, à l'heure du thé. Venez seule. »
Madame Célestine d'Albaron, fausse veuve (Valeur 12).
Mental 4 / Physique 2 / Social 6 - Défense 12. Quarante et un ans, née Cristina Voglar à Trieste en 1803. Vingt et un ans de fausse identité, vingt et un cahiers de lettres autographes du général-comte. Fragile mais lucide. Ne céderait jamais à la menace : ne cèdera qu'à un respect sincère et à un dossier qui confirme par une autre voix ce qu'elle sait déjà.
Acte 3 : la cassette ouverte
"Dimanche après-midi. Quatre heures. Le boudoir du premier étage sent l'eau de cologne et le bois ciré. Madame d'Albaron a les yeux rougis. La cassette aux lettres est ouverte sur ses genoux. Elle parle d'une voix posée. « J'ai quarante et un ans. J'ai été appelée madame pendant vingt et un ans par un nom qui n'est pas le mien. L'homme à qui je dois ce nom ne m'a jamais aimée. Il a payé mon silence en lettres et en argent. Je vais vous donner ces lettres, mademoiselle. Et la signature au bas d'une promesse écrite que je rédigerai ce soir. Ce qu'il en sortira ne me concerne plus. »"
La confidence et le dossier
Hortense écoute. Vingt minutes. Quand Madame s'arrête, elle ouvre devant elle le Dossier VI - Témoignage Mehmed-Tahir 1842 et lit à voix haute la déposition du soldat survivant de Janina. Madame d'Albaron pâlit, puis acquiesce lentement : ce qu'elle savait par les lettres se confirme par la voix d'un autre. Elle demande deux jours pour réfléchir et rédiger sa propre déclaration. Hortense laisse le dossier sur la table.
Jet Social 11 pour la séquence entière, en Avantage par la qualité de la préparation des trois soirées. Sur succès complet, Madame d'Albaron envoie le lundi suivant à l'orphelinat, par messager privé, la cassette complète des lettres reçues entre 1822 et 1843, accompagnée d'une déclaration manuscrite signée. Sur succès partiel, Hortense peut invoquer le Legs du Comte (Dossier V - Localisation Albaron) en citant à voix haute le passage où Dantès écrit : « Cette dame n'est pas la complice du général. Elle est sa victime patiente. Quand viendra l'heure, traitez-la comme telle. » Conversion automatique en succès complet.
L'embuscade sur la route de Salon
Le messager privé de Madame d'Albaron (Jules, son cocher de cinquante ans, ancien orphelin) part le mardi matin avec la cassette dans une malle de cuir. Théodose de Marrigues, prévenu par un domestique stipendié de l'hôtel particulier (Hyppolite, fidèle de Mondego depuis 1830 sans que Madame le sache), tente d'intercepter le messager à mi-chemin. Joseph Levant, qui a quitté Aix la veille pour s'installer dans une auberge de campagne à Lambesc sur la route de Salon, l'attendait.
Combat à la canne plombée et au poignard de poche dans la salle basse de l'auberge des Trois-Pins. Trois échanges de coups. Levant joue Avantage par préparation (jet Physique en Avantage). Marrigues est calibre Valeur 13, défense 14 (gilet plastronné +1). Sur succès, Marrigues encaisse un coup de canne plombée à l'épaule droite, lâche son sabre, tombe à genoux. Levant le ligote dans une stalle de l'écurie, paie l'aubergiste cinq francs pour son silence, et reprend la route. Le messager arrive à Marseille le mercredi soir avec son chargement intact.
Variante d'échec
Si les PJ ont brusqué Madame d'Albaron ou tenté de voler la cassette à l'effraction du vendredi soir, elle s'enferme dans son boudoir, brûle les lettres dans la cheminée et envoie le lundi un télégramme à Mondego. La chemise Mondego reste avec sa pièce unique. Bertuccio classe la séance comme un échec et ouvre le Dossier VII deux semaines plus tard avec un avertissement supplémentaire à Hortense : « La patience est la première arme du Comte. La précipitation, la première erreur. »
Épilogue
Issue commune
La cassette est rangée dans le coffre de l'orphelinat, classée chemise Mondego. La chemise contient désormais quatre pièces : témoignage Mehmed-Tahir, témoignage Albaron, vingt et une lettres autographes du général, déclaration de remariage différée. Bertuccio range les pièces une à une, lentement, comme on plie un linceul. Le Comte, dans sa chambre à l'étage, n'a pas bougé.
Sort de Madame d'Albaron
Madame quitte Aix pour Saint-Rémy avec une rente discrètement assurée par Bertuccio sur les fonds privés du Comte, change de nom, change de coiffure, n'est plus jamais reçue dans aucun salon. Elle écrit en juillet 1844 à Hortense de Vergel une lettre brève : « Je dors bien depuis qu'on m'appelle Cristina. Merci de m'avoir rendu mon prénom. C. V. » Hortense la garde dans son nécessaire de voyage.
Sort de Théodose de Marrigues
Soigné dans une auberge sans poser de questions, le capitaine jure à Mondego par télégramme que l'affaire est étouffée. Il ne reverra plus jamais Madame d'Albaron : elle a disparu de la rue Mazarine sans laisser d'adresse. Marrigues est muté à Mostaganem en avril 1844 par décision préfectorale dictée discrètement par un correspondant de l'orphelinat. L'Algérie l'attend.
Sort de Mondego
À Paris, le général-comte dort encore tranquille. Il ne sait rien. Bertuccio classe la chemise Mondego comme prête pour la phase publique. Il faudra encore le scénario suivant pour boucler la chemise Villefort avant que le plan complet du Comte puisse être exécuté.
Récompenses communes
- Honoraires de mission : deux cents francs par PJ, en pièces d'or, versés discrètement par Bertuccio.
- Lettre de recommandation pour Hortense : introduction permanente dans le cercle d'Aix par le comte de Pignans, qui ignore tout du subterfuge. Avantage permanent en Social pour les missions ultérieures qui se dérouleraient à Aix.
- Marque de reconnaissance de Madame : la rose blanche pressée du jardin, glissée dans une lettre. Talent narratif unique : Hortense peut, une fois par campagne, citer la rose pour évoquer publiquement la mémoire d'une femme retournée à son vrai nom.
- Talent gagné : chaque PJ peut acquérir un Talent supplémentaire validé par la table.
Statblocks rapides
Madame Célestine d'Albaron, fausse veuve (Valeur)
Mental 4 / Physique 2 / Social 6 - Défense 12. Quarante et un ans, née Cristina Voglar à Trieste en 1803, vingt et un ans de fausse identité, fragile mais lucide. Ne cède qu'au respect sincère et à un dossier confirmant ce qu'elle sait déjà.
Capitaine Théodose de Marrigues, fidèle de Mondego (Valeur)
Mental 3 / Physique 6 / Social 4 - Défense 14 (13 + 1 gilet plastronné). Trente-six ans, uniforme bleu de gendarmerie d'Aix, sabre de cavalerie, ancien soldat de Yanina, fidélité aveugle au général. Ne trahit jamais.
Hyppolite, majordome traître (Faible)
Mental 3 / Physique 2 / Social 3 - Défense 8. Soixante ans, livrée noire, fidèle à Mondego depuis 1830 à l'insu de Madame, informateur stipendié par mandat parisien. Trahit par devoir, pas par cupidité.
Jules, cocher messager (Faible)
Mental 2 / Physique 4 / Social 1 - Défense 7. Cinquante ans, ancien orphelin recueilli par Madame quinze ans plus tôt, fidèle absolu, sait monter à cheval, sait aussi se taire.
Le greffier Pétrarque, tribunal d'Aix (Faible)
Mental 4 / Physique 2 / Social 2 - Défense 8. Soixante-trois ans, robe de greffier, mémoire prodigieuse des actes des trente dernières années. Bavard. Vendable pour un compliment et une bouteille de Bourgogne.
Lieux clés
- Hôtel particulier d'Albaron, rue Mazarine : façade ocre rose, frontons sculptés, jardin intérieur d'orangers en pots, salon de musique au rez-de-chaussée. Soirée mondaine, robes de velours, voix de soprano dans une aria de Bellini, sourires polis qui dissimulent.
- Boudoir du premier étage : boiseries claires, tenture pêche, cassette aux lettres derrière un panneau coulissant, fenêtre sur cour. Climax intime, confidence en larmes, dossier qui passe d'une main à l'autre, décision qui se prend en silence.
- Greffe du tribunal d'Aix : couloirs sombres, dossiers reliés en parchemin, greffier Pétrarque somnolent, registres de mariage des trente dernières années. Enquête juridique d'Argental, faux d'état civil, signature qui ne ressemble à aucune autre.
- Auberge des Trois-Pins, route de Salon : salle basse à poutres apparentes, tablée de vignerons, étable derrière, deux chambres à l'étage. Embuscade de Levant, canne plombée contre sabre, fumée de pipe et silence après le coup.
- Bibliothèque de l'orphelinat : inchangée, coffret ouvert, chemise Mondego qui s'épaissit, Bertuccio qui range. Retour silencieux, pièce ajoutée à un dossier qui se construit lentement.
Boîte à variantes
- Marguerite parle. Variante alliée : la femme de chambre, trente-quatre ans, tendre avec sa maîtresse, accepte d'aider Hortense par sympathie spontanée. Elle pourrait servir de relais après la fuite de Madame vers Saint-Rémy.
- Jules connaît le secret. Variante humaine : le cocher cinquantenaire sait depuis dix ans la vérité sur sa maîtresse. Il a juré le silence. Il accepte de risquer sa vie sur la route de Salon parce qu'il considère Madame comme la mère qu'il n'a pas eue.
- Le piano parle. Variante mondaine : un des jeunes pianistes, Émile Salvayre, vingt-trois ans, est secrètement amoureux de Madame. Il pourrait chanter à la fin du scénario une romance composée pour elle, qui éclaircit aux invités le mystère du nom retrouvé. Variante d'épilogue émouvante.
- Mondego envoie un second. Variante d'urgence : Marrigues n'est pas seul. Un sergent de gendarmerie l'accompagne sur la route de Salon, jet Physique en Désavantage pour Levant qui doit gérer deux adversaires. Augmentation tactique pour groupes confiants.

