Trois scénarios

Trois affaires de vengeance bourgeoise pour vos tables marseillaises et provençales. 1843-1844, dossiers numérotés, complices retournés, ennemis canon hors-portée.

Trois éclats du dossier laissé par le Comte

D'un hôtel marseillais où descend un attaché ottoman à un salon mondain d'Aix-en-Provence, d'une transaction nocturne sur le Vieux-Port à une barque qui rentre du Frioul sous l'œil d'une chaloupe armée, trois affaires se croisent dans cette saison où le Comte dort. Bertuccio Giovanni veille au chevet d'Edmond Dantès depuis trois mois, et ouvre devant les PJ les dossiers numérotés laissés en consigne. À chaque séance une chemise, à chaque chemise une cible.

Les trois scénarios qui suivent sont indépendants et jouables dans n'importe quel ordre. Ils partagent la grille de difficulté du bestiaire et la règle spéciale du Legs du Comte (un dossier brandi à voix haute convertit un succès partiel en succès complet).

Trois affaires, trois cibles

Comment les jouer

  • Indépendants. Ordre libre. Chaque scénario remplit une chemise différente du coffre de l'orphelinat (Danglars, Mondego, Villefort). Aucun ne réclame d'avoir joué les autres.
  • Bertuccio en relais central. À chaque séance, Bertuccio Giovanni (intendant corse, soixante-deux ans, redingote noire) ouvre devant les PJ le coffret de cuir laissé par le Comte avant son coma. Il sort le dossier numéroté, lit la consigne à voix basse, remet les pièces nécessaires. Le Comte, à l'étage, ne bouge pas. Bertuccio rappelle constamment la règle : "Le maître ne voulait pas le sang. Le maître voulait la chute."
  • Une session de 3 à 4 heures pour chaque affaire. Statblocks calibrés pour 3 à 4 joueurs et un MJ.
  • Quatre pré-tirés fournis dans personnages.html : Brassac, Argental, Vergel, Levant. Compatibles avec les trois scénarios sans retouche, tous redevables au Comte qui dort.
  • Le Legs du Comte. Règle spéciale du setting : 1×/scène, un PJ peut brandir à voix haute une pièce du dossier numéroté préparé par Dantès et convertir un succès partiel en succès complet. La pièce reste utilisable une seule fois par séance, doit être citée précisément (signature, date, lieu) et s'applique au témoin pour qui elle a été préparée.
  • Adversaires partagés. Le bestiaire fournit les statblocks récurrents (sbires marseillais, agents corrompus, lieutenants, complices mondains, deux figures Chef dont Monsieur Dérogis qui apparaît dès le scénario 1).

Liens entre scénarios (optionnels)

Si vos joueurs enchaînent les trois affaires, voici quelques ponts narratifs à garder sous le coude. Aucun n'est imposé.

  • Monsieur Dérogis (cf. bestiaire, Chef calibre 17) apparaît au scénario 1 comme acheteur français anonyme du diamant ottoman. Trois minutes de présence à l'hôtel des Étrangers, un regard glacé sur Eugène Argental qu'il fixe une seconde de trop. Au scénario 2, le MJ peut glisser une indiscrétion d'un invité parisien lors d'une soirée musicale (« on aurait vu un comptable nommé Dérogis chez le notaire de Marrigues la semaine dernière ») : pont optionnel pour les groupes qui aiment relier les fils. Au scénario 3, c'est lui qui télégraphie en urgence à l'agent de Villefort pour intercepter le journal de Mathieu Servin sur la mer.
  • Le coffret de cuir noir reste sur la table de la bibliothèque de l'orphelinat entre chaque séance. Les chemises s'épaississent : trois pièces dans la chemise Danglars après le scénario 1, quatre pièces dans la chemise Mondego après le 2, huit pièces dans la chemise Villefort après le 3. Bertuccio range, classe, ne dit rien.
  • La chambre du Comte au premier étage, gardée par la servante muette Hadiya, peut être visitée discrètement entre deux missions. Edmond Dantès ne bouge pas. Sa respiration est lente. À l'épilogue du scénario 3, Bertuccio croit voir sa main remuer sur l'oreiller. Le MJ peut ouvrir ou fermer cette porte selon l'envie de prolonger la campagne.
  • L'atelier d'imprimerie clandestine sous l'orangerie du jardin, monté par Dantès en 1841, peut servir aux PJ qui décideraient de pré-publier des extraits compromettants dans La Presse de Girardin. La machine à bras existe toujours. Personne n'y a touché depuis le coma.

Suite logique