L'Épave de la Reine d'Aragon

Açores, juillet 1875. Un galion espagnol de 1602, un coffre forcé sans navire de surface, une silhouette qui passe au loin sous la cloche. Premier contact avec Nemo.

Fiche technique

Joueurs : 3 à 4
Durée : 3 à 4 heures
Ton : aventure scientifique XIXe, plongée tendue, présence sous-marine inconnue
Matériel : 2D6 par joueur, fiche La Vue du Salon
Cadre temporel : Marseille, fin juin 1875. Bureau du capitaine Lerouvier sur le quai de la Joliette. Un télégramme arrive de Ponta Delgada, signé Don Fernando Almeyda, dernier descendant d'une famille noble portugaise des Açores. Un galion de 1602 vient d'être repéré sur le banc de Sotavento. Cinquante mille francs pour une expertise complète, plus dix pour cent du trésor.

Synopsis

En 1602, le galion La Reine d'Aragon coule lors d'une tempête au large des Açores avec à son bord un chargement officiel de pesos coloniaux frappés à Mexico, destinés à la trésorerie royale de Madrid. L'épave dort sous dix-huit brasses de sable et basalte pendant deux cent soixante-treize ans. En juin 1875, un pêcheur azoréen en plongée libre la repère par hasard. Don Fernando Almeyda, soixante-deux ans, dernier descendant d'une famille noble portugaise installée aux Açores depuis trois siècles, mandate le quatuor pour une expertise méthodique avant que les concurrents anglais et américains ne se servent.

Le quatuor accepte. Embarquement sur le Saint-Augustin, brick à vapeur de quatre cents tonneaux, équipage de douze hommes. Sur place, ils découvrent que l'épave a déjà été visitée. Deux coffres sur six ont été vidés. Les marques d'effraction sont fraîches, moins de deux mois d'oxydation. Aucun équipement de plongée connu ne permet une telle intervention à dix-huit brasses sans navire de surface visible. Quelque chose les a précédés. Quelque chose les observe encore.

Le vrai sujet : apprendre à observer par hublot et à convertir une donnée naturaliste précise en avantage tactique. La règle La Vue du Salon existe pour ça : transformer une demi-réussite en certitude par l'observation scientifique du milieu sous-marin.

Rappel des paliers de résolution

2D6 + caractéristique (1 à 5) + bonus de Talent. Lecture du résultat :

  • 5 ou moins : échec critique, complication immédiate.
  • 6 à 8 : échec, l'action ne passe pas.
  • 9 à 10 : succès partiel, ça passe avec un coût.
  • 11 à 14 : succès complet.
  • 15 et plus : succès critique.

Avantage = 3D6, garder les 2 meilleurs. Désavantage = 3D6, garder les 2 pires. La Vue du Salon : 1×/scène, un PJ situé derrière un hublot, une lunette ou un instrument scientifique convertit un succès partiel 9-10 en succès complet 11-14, à condition de citer à voix haute une donnée naturaliste précise (espèce, courant, fossile, stratification, température). Coût : Désavantage à la prochaine action de combat physique, l'observation a coupé le PJ du tempo de l'action immédiate.

Acte 1 : le télégramme de Ponta Delgada

Aube grise au large des Açores, brume basse sur l'océan calme, mât d'un galion espagnol XVIIe émergeant verticalement de l'eau, voiles pourrissantes mais figure de proue dorée intacte, brick à vapeur français Saint-Augustin en avant-plan, équipage médusé sur le pont, lumière nacrée, gravure verniste à l'ancienne style Riou
Lisez aux joueurs :
"Marseille, fin juin 1875. Le bureau du capitaine Lerouvier sent le tabac de Cuba, l'huile de baleine et le bois ciré. Sur la table, le plan de la Méditerranée déroulé. Sur l'étagère, la maquette d'un brick à vapeur. Le coursier des Postes pose sur le sous-main un télégramme cacheté à la cire bleue de Ponta Delgada. Quinze lignes en français maladroit. Un nom signé en bas : Don Fernando Almeyda. Une date : 1602. Un montant : cinquante mille francs."

Le télégramme demande l'expertise du quatuor pour fouiller un galion espagnol coulé en 1602, repéré sur le banc de Sotavento (île de São Miguel) par un pêcheur en plongée libre il y a deux semaines. Almeyda offre cinquante mille francs plus dix pour cent du trésor récupéré. Lerouvier consulte les autres PJ. Morel vérifie sur ses cartes du Service hydrographique : le banc de Sotavento existe, profondeur dix-huit à vingt-deux brasses, fond de sable sur roche basaltique, accessible aux scaphandres Carmagnolle. Vauquois confirme que les pesos coloniaux frappés à Mexico entre 1598 et 1602 ont une rareté exceptionnelle. Delange flaire le reportage de l'année et négocie l'embarquement avec son matériel photographique.

Premières pistes ouvertes

  • Vérifier la cargaison historique (Mental 9, Vauquois en Avantage par sa bibliothèque numismatique). Les manifestes du Casa de Contratación de Séville, copiés au XIXe par les hispanistes français, confirment qu'un galion nommé La Reine d'Aragon a bien quitté Veracruz le 18 août 1602 avec un chargement royal de pesos. Le nom est cohérent avec le télégramme.
  • Sonder le réseau de capitaineries (Social 9, Lerouvier en Avantage). Lerouvier télégraphie au capitaine du port de Funchal, ami personnel depuis 1860. Réponse en quatre heures : Don Almeyda est connu, propriétaire foncier respecté, ruiné par la crise de l'orange en 1872, sans casier. Il a déjà refusé deux offres concurrentes (consortium de Liverpool, armateur new-yorkais).
  • Préparer le brick (Mental 9). Le Saint-Augustin, quatre cents tonneaux, est affrété pour quinze jours auprès d'un armateur marseillais. Équipage recruté en deux jours sur le quai de la Joliette. Scaphandre Carmagnolle et cloche de plongée à treuil chargés en cale.
  • Documenter la mission (Social 9, Delange en Avantage par son réseau de presse). Delange obtient de L'Illustration une commande ferme pour un reportage de quatre pages, illustré au collodion humide. Avance sur frais, deux cents francs.

Départ le 14 juillet 1875. Traversée Marseille-Açores en huit jours par mer calme. Lerouvier au commandement, Morel à la table de cartes, Vauquois à l'infirmerie de bord, Delange sur la dunette à photographier les couchers de soleil. Arrivée à Ponta Delgada le 22 juillet, quai de Santa Clara, douze heures du matin.

Conseil MJ : jouez la traversée comme une parenthèse paisible. Une partie de cartes sur la dunette, une discussion technique entre Morel et Vauquois sur la décompression, un croquis de Delange. Cette accalmie sert à poser les rapports humains du quatuor avant le choc de Sotavento. Ne précipitez pas. La présence inconnue n'apparaît qu'en plongée.

Acte 2 : sur le banc de Sotavento

Cale ventrale du galion espagnol intacte sous l'eau, monticules de pesos d'or et d'argent sous une fine couche de sel, squelettes en armures de conquistadors adossés aux barriques, lampions cuivrés de scaphandriers éclairant la scène, plafond bas dégoulinant d'eau salée, ambiance claustrophobe de trésor sous-marin, gravure verniste style Riou

Réception au palais Almeyda

Don Fernando Almeyda reçoit le quatuor dans sa propriété familiale, palais blanc à toit rouge sur les hauteurs de Ponta Delgada, jardin d'orangers, vue sur la baie. Soixante-deux ans, redingote de drap noir malgré la chaleur, chevalière aux armes Almeyda-Soares, voix grave teintée de portugais et de castillan. Il leur confie le carnet de bord d'un de ses ancêtres qui a survécu au naufrage de 1602. Positions, profondeur estimée, description du chargement, témoignage manuscrit. Il précise qu'il a refusé deux offres concurrentes parce qu'il préfère traiter avec des Français : sa grand-mère paternelle était de Saint-Malo. Il offre la table et le toit pour la durée de la mission.

Première plongée, 24 juillet, neuf heures du matin

Le banc de Sotavento est à six heures de navigation au sud-ouest. Le Saint-Augustin mouille à proximité. Mer d'huile, eau verte translucide, lumière qui descend en faisceaux jusqu'au fond. Lerouvier reste à bord pour le commandement. Morel descend en cloche de plongée à treuil pour relever le plan de l'épave. Vauquois assure la surveillance médicale du scaphandrier, un plongeur professionnel azoréen recruté par Almeyda nommé Joaquim Tavares. Delange photographie depuis le pont au collodion humide.

Trois pistes d'enquête sous-marine

  • Voie hydrographique. Morel relève le plan de l'épave depuis le hublot bâbord de la cloche. Jet Mental 11. Sur succès, il identifie la position exacte des six coffres répertoriés au manifeste, leurs dimensions, l'orientation de la coque retournée à quarante-deux degrés. Sur succès partiel 9-10, Morel peut invoquer La Vue du Salon en citant une donnée naturaliste précise observée par hublot (par exemple : « Bryozoaires de l'espèce Membranipora. Colonisation incompatible avec une exposition au courant de plus de soixante-douze ans, donc l'épave a été partiellement dégagée du sable il y a peu. ») pour convertir en succès complet 11-14. Coût : Désavantage à la prochaine action de combat physique de Morel.
  • Voie scaphandre. Tavares descend en scaphandre Carmagnolle inspecter les coffres directement. Jet Physique 11. Sur succès, il atteint deux des six coffres. Découverte clé : les verrous ont été brisés à l'aide d'un outil métallique précis, deux coffres entièrement vidés, marques d'oxydation fraîches incompatibles avec une intervention ancienne. Tavares remonte affolé.
  • Voie médicale. Vauquois examine Tavares à la remontée pour exclure une narcose à l'azote. Jet Mental 11. Sur succès complet, elle confirme que le scaphandrier n'a pas halluciné : pas de symptôme de narcose, pupilles normales, pouls élevé mais cohérent avec l'effort. Ce qu'il a vu, il l'a vraiment vu. Donnée scientifique qui change la nature du problème.

La silhouette qui passe

Pendant cette première plongée, Morel aperçoit par le hublot bâbord une forme qui s'éloigne dans la pénombre verte, à environ cinquante brasses de l'épave. Silhouette longue, sans pavillon, sans bruit de chaudière, sans trace de fumée. Il la note sur son calque : longueur estimée à quarante mètres, ligne basse, une sorte de tourelle médiane. La cloche est trop haute pour distinguer davantage. Morel travaille toute la nuit à la table de cartes du Saint-Augustin. Il superpose la silhouette aperçue à Sotavento avec celle qu'il avait notée au crayon en 1873 lors d'une rencontre fortuite au large d'Annaba. Les proportions concordent à quelques mètres près.

Don Fernando Almeyda soixante-deux ans, redingote de drap noir, chevalière aux armes Almeyda-Soares, cheveux blancs courts, barbe taillée, regard grave et bienveillant, fond de bibliothèque familiale avec carnets de bord et plans anciens, lumière douce de fin d'après-midi azoréen

Don Fernando Almeyda, commanditaire bienveillant (Moyen 10).

Mental 4 / Physique 2 / Social 4 - Défense 10. Soixante-deux ans, redingote de drap noir, chevalière aux armes Almeyda-Soares, dernier descendant d'une famille noble portugaise installée aux Açores depuis trois siècles. Voix grave, portugais et castillan teintés de français appris à Saint-Malo dans son enfance. Honnête, attaché à la mémoire familiale, ruiné par la crise de l'orange en 1872. Sa motivation est patrimoniale, pas spéculative. Si les PJ tentent de l'escroquer, il perd confiance et coupe court.

Acte 3 : le piège de la chaloupe

Cloche de plongée cuivrée suspendue sous l'eau au-dessus de l'épave du galion La Reine d'Aragon, trois hublots ronds éclairés à l'huile de baleine, faisceau lumineux qui balaie le pont du galion, silhouette longue d'un sous-marin de quarante-cinq mètres qui passe à l'arrière-plan dans le bleu-vert profond, hublots jaunes du sous-marin visibles, restes de coffres éparpillés au fond, gravure verniste style Riou
Lisez aux joueurs :
"26 juillet, dix heures du matin. Deuxième plongée. Tavares en scaphandre, Vauquois et Morel en cloche, Lerouvier au commandement, Delange à la chambre photographique. Deux coffres déjà remontés sur le pont du Saint-Augustin. La mer est calme, le ciel sans un nuage. À l'horizon nord-est, une voile triangulaire grandit. Une chaloupe à six rameurs qui force l'aviron. Six hommes en habits civils, fusils Lefaucheux en bandoulière. Pavillon de courtoisie britannique au mât arrière. Le Saint-Augustin sonne le rappel."

Climax surface : la chaloupe du Mersey Star

La chaloupe est mandatée par le consortium de Liverpool qui n'a pas accepté le refus d'Almeyda et a financé une opération de prédation. Le brick Mersey Star mouille à six milles au nord, hors de vue. Le capitaine d'armateur véreux (Valeur 13 : Mental 3 / Physique 5 / Social 5 - Défense 14, 13 + 1 manteau de marine doublé) descend le premier sur le pont du Saint-Augustin avec cinq hommes de main (Moyen 9 : Mental 2 / Physique 4 / Social 3 - Défense 9 chacun). Il exige la remise des deux coffres déjà remontés et le retrait immédiat du quatuor.

Trois options de résolution

  • Combat ouvert. Lerouvier répond avec son sabre court et son pistolet Lefaucheux. L'équipage du Saint-Augustin a été briefé pendant la traversée et tient les filins. Combat dur sur le pont, deux ou trois échanges, le capitaine d'armateur blessé au bras au deuxième, deux hommes à l'eau au troisième. Vauquois assure les soins en arrière sur la dunette. Delange photographie l'engagement (les plaques au collodion serviront de preuve à l'amirauté).
  • Voie de bluff. Delange bluffe le capitaine en lui montrant la chambre photographique armée et en l'avertissant que tout incident sera publié dans L'Illustration avec son nom et celui de l'armateur. Jet Social difficulté 13. Sur succès, le capitaine se replie sans coup férir. Le quatuor renonce à exposer publiquement le consortium en échange.
  • Voie hydrographique. Morel, depuis la cloche, communique par signal de cordage avec le pont. Il propose de remonter d'urgence et de prendre la chaloupe à revers en faisant pivoter le brick. Jet Mental difficulté 13. Sur succès, le Saint-Augustin oblique de quinze degrés, la chaloupe se trouve sous le feu d'enfilade des deux pivotants de proue, le capitaine d'armateur ordonne le repli sans tirer.

La silhouette en plein jour

Pendant le combat ou la négociation, dans les profondeurs, Tavares aperçoit à nouveau la silhouette sous-marine, cette fois beaucoup plus proche. Elle longe l'épave sans s'arrêter, à vingt brasses sous la cloche. Morel et Vauquois la voient distinctement par les trois hublots de la cloche : sous-marin de quarante-cinq mètres, coque rivetée, hublots éclairés en jaune ambre, sans pavillon, sans signal, sans manifestation hostile. La silhouette passe, s'enfonce dans le bleu noir, disparaît. Tavares remonte précipitamment. Morel relève au crayon les proportions exactes. Vauquois note l'heure : dix heures vingt-sept du matin, exactement.

Quel que soit l'issue du climax surface, la chaloupe ennemie se replie. Les PJ ont sauvé deux coffres de pesos coloniaux. Mais ils savent qu'ils ne sont pas seuls sur cette épave. La présence sous-marine inconnue ne les a pas attaqués. Elle les a observés. Et l'incident sera signalé tôt ou tard à Paris.

Conseil MJ : la silhouette sous-marine est suggérée, jamais frontale. Les PJ ne doivent pas affronter Nemo, mais comprendre qu'il existe et qu'il les a vus. Pas de dialogue, pas de tir, pas de rencontre face-à-face. Le sous-marin passe. C'est tout. Le mystère reste entier. Si un joueur tente d'attaquer la silhouette, le sous-marin plonge simplement plus profond et disparaît. Aucun affrontement. La règle La Vue du Salon peut être invoquée par Morel ou Vauquois pour identifier une caractéristique technique précise (rivetage, type de hublot, profil de coque) qui servira plus tard.

Épilogue

Issue commune

Retour à Marseille fin août 1875. Almeyda reçoit son dû à Ponta Delgada avant le départ : cinquante mille francs plus la commission convenue de sept mille francs supplémentaires sur la valeur des deux coffres remontés (une centaine de pesos exceptionnels frappés entre 1599 et 1602). Delange publie en septembre dans L'Illustration un reportage de quatre pages intitulé Une expertise sous-marine aux Açores, illustré de trois plaques au collodion dont une fixe une silhouette sous-marine floue mais identifiable. Le ministère de la Marine convoque Lerouvier pour audition discrète, lui demande de remettre tout document relatif à la silhouette, classe l'affaire au secret. Morel verse à son dossier personnel une copie cachée du calque comparatif 1873-1875.

Si Almeyda est resté allié

Don Fernando Almeyda meurt paisiblement six mois plus tard à Ponta Delgada, le 14 février 1876. Son testament lègue la propriété azoréenne à un cousin éloigné, et un peso colonial de 1601 (récupéré sur l'épave) à chacun des quatre PJ, en remerciement. Le cousin, jeune lieutenant de la marine portugaise, écrit à Lerouvier en avril : « Mon oncle parlait de vous comme d'amis sûrs. Si vous passez aux Açores, ma porte est ouverte. »

Si la mission a tourné court

Les coffres restants sont perdus, soit pillés par le consortium de Liverpool, soit récupérés discrètement par la silhouette sous-marine. Almeyda paie l'expertise sans la commission. Le quatuor n'est pas en faute, mais la confiance se dissipe. Le cousin lieutenant n'écrira pas. L'amirauté, elle, garde un œil sur le calque de Morel pour toute mission ultérieure.

Récompenses communes

  • Honoraires de mission : douze mille francs par PJ, en pièces d'or, versés sur le compte courant de l'orphelinat marseillais qui sert d'adresse au quatuor.
  • Calque comparatif Morel : Avantage permanent en jet Mental pour reconnaître la silhouette du sous-marin dans toute scène ultérieure de la campagne.
  • Réseau Tavares : Joaquim Tavares peut être rappelé en mission contractuelle pour tout scénario sous-marin ultérieur, à un tarif d'amitié de cinquante francs par jour.
  • Talent gagné : chaque PJ peut acquérir un Talent supplémentaire validé par la table.

Statblocks rapides

Don Fernando Almeyda, commanditaire bienveillant (Moyen)

Mental 4 / Physique 2 / Social 4 - Défense 10. Soixante-deux ans, redingote noire, chevalière, dernier descendant d'une famille noble portugaise des Açores. Honnête, ruiné, attaché à la mémoire familiale.

Joaquim Tavares, scaphandrier azoréen (Moyen)

Mental 2 / Physique 5 / Social 2 - Défense 9. Quarante ans, plongeur professionnel local, scaphandre Carmagnolle, contact familial avec les pêcheurs de Sotavento. Loyal, taciturne, résistant à la pression et au froid.

Capitaine du consortium de Liverpool (Valeur)

Mental 3 / Physique 5 / Social 5 - Défense 14 (13 + 1 manteau de marine doublé). Cinquante ans, commandant du brick Mersey Star, accent du Lancashire, pragmatique, prêt à abandonner si l'opération coûte trop cher.

Hommes de main de la chaloupe (Moyen, ×5)

Mental 2 / Physique 4 / Social 3 - Défense 9. Marins du Mersey Star, fusils Lefaucheux, gourdins plombés. Se replient si deux des leurs tombent.

Silhouette sous-marine inconnue (présence Nemo)

Hors stat directe. Sous-marin de quarante-cinq mètres, coque rivetée, hublots éclairés en jaune ambre, observé deux fois pendant la mission. Ne dialogue pas, ne tire pas, ne se laisse pas approcher. Présence, jamais affrontement.

Lieux clés

  • Bureau de Lerouvier, quai de la Joliette : deux fenêtres sur le port, plan de la Méditerranée au mur, modèle réduit de brick à vapeur. Briefing, lecture du télégramme, décision d'embarquement.
  • Palais Almeyda, Ponta Delgada : façade blanche, toit rouge, jardin d'orangers, vue sur la baie. Réception aristocratique, carnet de 1602 ouvert sur la table en acajou, voix portugaise.
  • Banc de Sotavento, mer calme : eau verte translucide, fond de sable sur basalte à dix-huit brasses, épave couverte d'algues, six coffres dont quatre encore scellés. Plongée tendue, lumière qui descend, hublot de cloche, silhouette qui passe au loin.
  • Pont du Saint-Augustin : pont en pin verni, chaloupe ennemie qui accoste, sabres tirés au soleil, treuil de cloche en mouvement. Climax d'action, échange de coups, capitaine qui ordonne.
  • Cabinet de l'amirauté à Paris : boiseries sombres, classeurs verrouillés, fonctionnaire en frac noir. Audition, calque confisqué, secret d'État, retour silencieux du quatuor à Marseille.

Boîte à variantes

  • Tavares a un fils. Variante humaine : le scaphandrier azoréen a un fils de seize ans qui rêve de la marine française. Si Lerouvier accepte de recommander le garçon à l'École navale, Tavares devient un allié permanent du quatuor pour toute mission atlantique ultérieure.
  • Le second cousin Almeyda. Variante d'enquête : le cousin éloigné qui hérite de la propriété est en réalité un agent du consortium de Liverpool, infiltré depuis trois ans. Si les PJ enquêtent sur l'arbre généalogique Almeyda-Soares pendant la traversée, ils peuvent l'identifier avant la fin du scénario et avertir Don Fernando.
  • Le manifeste truqué. Variante d'arnaque : six coffres au manifeste de 1602, mais seuls trois contenaient effectivement des pesos. Les trois autres étaient remplis de plomb pour gonfler la déclaration douanière au départ de Veracruz. Si les PJ font analyser le contenu des coffres remontés par Vauquois, ils découvrent qu'un coffre sur deux est lesté de plomb. La fraude date de 1602, pas du XIXe siècle. Almeyda ne le savait pas.
  • Le médaillon laissé sur le pont. Variante de campagne : si les PJ se distinguent particulièrement, la silhouette sous-marine dépose discrètement, pendant la nuit du 26 au 27 juillet, un médaillon de cuivre gravé d'un N stylisé sur le bastingage du Saint-Augustin. Personne n'a rien vu. Le médaillon devient une pièce centrale du scénario 2.

Suite logique