JDR Express - Île au trésor

Caraïbes 1751, contrats inachevés et brick à voiles carrées, chasse aux trésors sous le Code de la Côte

Trois contrats, un brick, une veuve qui signe

Caraïbes, septembre 1751. L'âge d'or des pirates s'est éteint depuis vingt-cinq ans, mais la flibuste survit dans les criques secondaires des Bahamas, à Tortuga, dans les baies vénézuéliennes mal patrouillées. Vous êtes l'équipage de L'Écume du Sud, brick de chasse aux épaves basé à Port-Royal en Jamaïque : un capitaine corsaire reconverti, un cartographe brouillé avec l'Amirauté britannique, une veuve d'armateur en robe noire, et un ancien quartier-maître pirate amnistié à Nassau. L'armateur Jérôme Rouvière vient de mourir en laissant trois contrats signés Honoré dans un coffre de cèdre. Marie Rouvière, sa veuve, ouvre les sceaux à la cire rouge l'un après l'autre. Un galion espagnol coulé en 1690 au large de Cartagena. Une base pirate fantôme aux Bahamas, abandonnée après la mutinerie de 1738. Un complot dans l'administration coloniale de Port-Royal, dénoncé par un mousse haïtien deux semaines avant la mort de Jérôme. Trois cibles, trois mers, et la question qui ne se pose jamais à voix haute sur la dunette : combien d'entre vous reviendront au môle de Hanover Street quand le dernier contrat sera signé exécuté ?

Règle spéciale : le Code des Frères

Une fois par scène, un PJ peut convertir un succès partiel (9-10 sur 2D6+Trait) en succès complet (équivalent 11-14) en invoquant à voix haute un article du Code de la Côte. Le Code articule huit conventions pirates qui régissent la fraternité de la flibuste : partage égalitaire du butin, nul vol entre frères, nulle dispute à terre tant que le rhum coule, droit de désertion par mise à terre, reddition contre vie sauve. Le PJ cite l'article mot pour mot ou en prose claire et démontre en quoi la situation présente y rentre. Pas de jet supplémentaire.

  • Recharge : une invocation par PJ par scène. Pas de cumul. Le PJ doit s'appuyer sur un article que le groupe a sous les yeux ou qu'un PNJ pirate lui a confirmé en cours de partie.
  • Coût narratif : si l'article est invoqué de mauvaise foi (mensonge sur la part, dispute déguisée), un témoin caché ou un recoupement le révèle le soir même. Désavantage social face aux pirates jusqu'à réparation publique.
  • Limite : le MJ remet aux PJ en début de campagne une copie usée du Code rédigée à l'encre sépia, signée de cinq capitaines fictifs (jamais Flint ni Silver canon Stevenson).

Tout pour jouer

Pour qui, pour quand

  • 3 à 4 joueurs plus le MJ. Tables qui aiment la mer, l'odeur du goudron, les abordages au sabre, les négociations de comptoir et les codes de fraternité.
  • Une séance de 3 à 4 heures pour le scénario découverte. Quatre pré-tirés fournis, prêts à embarquer dès la première chaloupe à quai.
  • Pas besoin d'avoir lu Stevenson. Les pré-tirés portent leur dette envers l'armateur Rouvière sur la fiche. Un sceau qui craque, une carte au compas, et la table prend.
  • Domaine public. Vous réutilisez l'imaginaire pirate de Stevenson, Defoe, Marryat, sans demander la permission à personne. Long John Silver et Flint restent au roman, le setting évoque ses personnages canon en rumeur uniquement.

Comment lancer une table

  1. Lire la création et choisir un pré-tiré ou bâtir un marin en dix minutes (10 points entre Mental, Physique, Social).
  2. Survoler les règles et le Code des Frères. Le moteur tient sur une page, la règle d'invocation tient sur quatre lignes de fiche.
  3. Choisir un scénario parmi les trois proposés. Chacun correspond à un contrat inachevé de Jérôme Rouvière, à honorer dans une mer différente.
  4. Lancer la première scène dans la salle basse de la maison à fronton de pierre de Hanover Street, à Port-Royal, neuf heures du matin, alizé tiède aux fenêtres, et Marie Rouvière qui pose le premier contrat scellé sur la table d'acajou.

Crédits domaine public

Univers fondé sur l'œuvre de Robert Louis Stevenson (1850-1894), roman Treasure Island publié en feuilleton dans Young Folks à partir d'octobre 1881 sous le titre The Sea Cook et achevé en volume en 1883 sous son titre définitif. L'œuvre est entrée dans le domaine public en France depuis 1965. Adaptation libre pour le système JDR Express, distribuée gratuitement. Le canon retenu est strictement stevensonien direct, complété de Defoe (Robinson Crusoé 1719, A General History of the Pyrates 1724) et de Marryat (Mr Midshipman Easy 1836). Aucun emprunt aux franchises modernes sous copyright (pas de Pirates des Caraïbes Disney, pas de Black Sails Starz, pas de Treasure Planet, pas de Muppet Treasure Island).